Halte au massacre ! Si le peuple aspire un jour à la vie, le destin ne peut que se plier à sa volonté !

Halte au massacre ! Si le peuple aspire un jour à la vie, le destin ne peut que se plier à sa volonté !

Des dizaines de tués par balles et de blessés, des dégâts importants dans les biens publics et privés, un nombre qui ne cesse de croître de personnes qui sont jetées en prison, une activité économique quasi-paralysée dans plusieurs régions du pays et un arrêt des cours pour une période non définie dans tous les niveaux scolaires ainsi qu’à l’université….
 
C’est là le bilan provisoire de la violence criminelle qu’oppose le pouvoir en place à la contestation pacifique des tunisiennes et des tunisiens en raison de la détérioration de leur pouvoir d’achat, de la chereté de la vie, de l’aggravation du chômage, notamment parmi les jeunes diplômés de l’université, l’extension de la corruption, le favoritisme et le pillage systématique, au vu et au su de tous, de l’argent et des biens publics, la confiscation des libertés individuelles et collectives et l’encadrement policier étouffant du pays…
 
Dans le même temps, rien ne permet de penser que le pouvoir en place compte mettre fin à sa politique de répression criminelle contre le mouvement de contestation, de cesser de tirer à balles réelles sur les manifestants, d’étendre les campagnes d’arrestation et d’emprisonnement des activistes et de continuer d’étrangler les structures indépendantes syndicales, associations et partis politiques, les structures de la jeunesses, les créatifs et les artistes, l’étouffement d’internet, etc. C’est ce qu’a confirmé clairement Ben Ali lors de sa dernière allocution. Et, afin de justifier ses pratiques, le pouvoir a donné libre cours à ses instruments de propagande afin qu’elles criminalisent et qu’elles jettent l’opprobre sur tous ceux qui se soulèvent aujourd’hui contre l’injustice et l’exploitation.
 
De même que, tout indique, à l’heure actuelle, que le peuple refuse davantage de résignation. C’est ce que confirme l’extension des protestations pacifiques aux villes de l’intérieur comme aux villes du littoral, aux chômeurs et aux travailleurs et aux jeunes et aux moins jeunes, dans une insurrection populaire générale poussée par le désir d’en finir avec l’oppression et qui aspire légitimement à une vie digne, dans la justice sociale et la liberté…
 
Un pouvoir armé jusqu’aux dents et qui voue une haine féroce à un peuple qui s’est soulevé contre lui avec la ferme détermination à recouvrir sa dignité bafouée, et ses droits piétinés, un peuple dont l’assassinat de ses enfants ne fait que renforcer sa détermination à vouloir briser ses chaines…
 
Ainsi paraît la situation en Tunisie après plus de deux décennies de politiques économiques et sociales capitaliste libérales et de répression systématique, dont les effets sont aggravés par la crise économique actuelle, des politiques qui visent à rendre les riches plus riches et à perpétuer la misère des pauvres, des politiques qui ont mis le feu dans le pays et qui l’on poussé dans une escalade de violence, de massacre et de destructions.
 
Le seul choix possible aujourd’hui est le soutien inconditionnel du mouvement de contestation qui exprime l’aspiration profonde des masses populaires à vouloir libérer la Tunisie de l’hypothèque qui pèse sur elle et à recouvrir son droit à l’autodétermination libre loin de toute tutelle.
 
Tunis, 10 janvier 2010